Intro – Le Sifflement dans la Brume
Cela faisait déjà 10 heures qu’Henri était en planque dans l’ancien quartier des friches industrielles de Caldrion. Équipé d’une épée en acier trempé et d’un bouclier, il regardait les Steamwoken déambuler sans but apparent sur les anciens docks. L’objectif de la mission, qui lui avait été expliqué la veille par le Champion, était simple : localiser les unités d’assemblage des Marteliers. Pour l’instant, les assembleurs semblaient plutôt être activés puis désactivés sans raison, déambulant devant l’usine. Leurs mouvements sur les quais paraissaient totalement chaotiques. Comme si ces machines se promenaient pour admirer un « je-ne-sais-quoi »…
Il doutait sérieusement de leur intelligence individuelle, vu que toute la nuit, la dizaine d’unités qu’il observait ne faisait que cela. Mais, au fond de lui, il se disait que c’était peut-être ainsi que des machines montaient la garde devant un lieu stratégique important. Il était clair que leurs déplacements étaient réellement difficiles à prévoir ; dans ces conditions, sans chemin de ronde ni relais, l’infiltration s’avérait périlleuse.
Soudain, dans le lointain, un sifflement de vapeur retentit. Les assembleurs s’immobilisèrent de manière synchrone quelques secondes, avant de tous se diriger, en ordre, vers l’entrée de l’usine XIII. Un coordonnateur était apparu, coiffé d’un chapeau melon noir. Marchant avec une canne, il imitait les contremaîtres d’avant le grand brasier.
Une péniche à vapeur entra dans le dock de l’usine XIII. La fumée de la chaudière remplit l’air, laissant une odeur acre de brûlé dans la gorge d’Henri. Le Champion donna un ordre simple : « Allez soldat, allons voir ce que ces assembleurs vont décharger de ce bateau ! ».
Description du jeu Steamfront
Steamfront est un jeu d’escarmouche Steampunk, créé par le studio français Hydra Production et sorti en janvier 2026. Conçu pour des parties nerveuses de 45 à 60 minutes, il oppose des bandes d’une dizaine de figurines au cœur de la cité dévastée de Caldrion, où s’affrontent la noblesse des Luminarch, les machines rebelles Steamwoken et les militaires de l’Iron Dominion.
Alliant l’approche narrative et la profondeur compétitive, le système repose sur des règles fluides de deux pages, une activation alternée dynamique et une mécanique originale de dés à six faces (j’y reviendrai). Le sel du jeu repose sur sa gestion de la vapeur, une ressource qui peut être surchargée sur ses unités pour débloquer des puissants effets.
À propos de l’équipe Hydra Production
Derrière Hydra Production, on retrouve Fred et Martial, deux créateurs aux profils différents mais complémentaires : Fred, issu de la mouvance du jeu narratif, et Martial, issu du jeu compétitif. Le mélange des deux va donner le ton des règles : mécanismes simples, rapides, lecture aisée des profils de vos figurines, sans négliger game design profond. Le hasard donne le sel du jeu ; aucune action n’est réellement garantie de réussir ou d’échouer, bien que les statistiques jouent en faveur des profils de combattants les plus expérimentés.
L’univers de Steamfront
L’univers est original et propose un monde fantastique et steampunk. Des machines pensantes, des ouvriers qui se révoltent, des nobles qui tentent de garder leurs privilèges dans une ville dévastée par une catastrophe.
Les auteurs ont imaginé toute une histoire à leur univers et ils désirent étendre celui-ci au-delà du jeu de figurines. Mais dans un premier temps, il est question d’ajouter de nouvelles factions pour étendre les possibilités de scénarios et surtout, de mettre un pied dans le monde de la compétition.

Les auteurs projettent dans un futur plus ou moins lointain de créer du contexte pour ouvrir l’univers à un jeu de rôle Steamfront. C’est un projet qui s’est déjà vu dans l’autre sens avec le jeu Olomoc.
Le système de jeu de Steamfront
L’activation alternée permet de réagir et donne du rythme à la partie. Sans temps morts, les joueurs sont tout le temps dans l’action. Les joueurs de Kill Team ne seront pas dépaysés. L’alternance permet également de planifier ses actions ou de les improviser à mesure du tour en réagissant aux actions de l’équipe adverse.
Le système de création de bande
Pour monter une bande, vous allez devoir assembler une équipe de 200 points, sachant que chaque profil de figurine a un « coût » en points. Vous devez aussi vous soumettre à une seconde contrainte, celle de la structure de l’armée, qui va limiter le nombre de rôles maximum dans votre armée :
- Les Réguliers sont limités à 3 minimum. Fourchette entre 5 et 20 points.
- Les Vétérans sont limités à 3 maximum. Fourchette entre 15 et 25 points.
- Les Élites sont limités à 2 maximum. Fourchette entre 20 et 40 points.
- Le Leader, lui, ne peut être qu’unique. Fourchette entre 30 et 50 points.

Le système de combat
Les figurines ont toutes un profil qui représente la qualité de leur entraînement, leurs capacités et équipements ainsi que leurs caractéristiques et compétences spécifiques.Leurs scores sont notés de 0 à 8, ce qui représente le nombre de dés à 6 faces que l’on jette.
Dans Steamfront, il n’y a pas de seuil de difficulté à atteindre sur un jet de dé. Il suffit de faire des doubles, des triples ou plus de chiffres identiques pour engranger les réussites en lançant le nombre de dés de compétence. De même, jet d’armure servira à contrer un jet d’attaque. Si ce jet obtient plus de réussites (donc de doubles, triples,…), alors l’attaque est contrée. Ce système original permet de rapidement estimer la réussite d’une action.
Certaines armes, actuellement les lance-flammes, permettent d’avoir un nombre de réussites automatiques. Dans ce cas, inutile de jeter les dés. Cette mécanique garantit une réussite minimale, mais rend le résultat très prévisible pour votre adversaire. Ainsi, il va pouvoir anticiper qui « mettre » devant vos troupes équipées de ce type d’arme.

Les mouvements
Les mouvements se font en pouces mais, si vous souhaitez tester en cm, c’est possible. Cette liberté ne vous oblige qu’à vous mettre d’accord sur l’unité de mesure avec votre partenaire de jeu.
Les quatre actions
À chaque activation d’une unité, elle peut se déplacer et faire une action :
- Ne rien faire
- Un tir
- Une action de combat
- Une surcharge de vapeur qui donne un bonus pour une futur action
Un système de gestion des ressources permet d’activer vos figurines au-delà de leur limite et de les rendre plus puissantes. Mais ces activations sont limitées et donc, une fois à court de cette ressource, votre bande est moins efficace.
Cet aspect de gestion est intéressant et offre plusieurs niveaux dans la gestion de la partie. Le sel du jeu est donc de gérer les ressources : les cumuler et les dépenser au bon moment.
Ce système prouve que plusieurs mécanismes simples opérant ensemble peuvent donner un jeu complexe à maîtriser, mais facile d’accès et amusant dès la première partie.
Le billet d’entrée pour jouer à Steamfront
Comptez une centaine d’euros pour démarrer le jeu avec le kit de démarrage.
Il contient 2 bandes équilibrées :
- Luminarch : la faction de la noblesse. Les figurines sont équipées de manière élégante et sophistiquée, ce qui reflète leur rang social d’avant la catastrophe.
- Steamwoken : ce sont, quant à eux, des robots dotés d’une intelligence mécanique. La catastrophe les a libérés et aujourd’hui, au lieu d’user leurs rouages dans d’immenses ateliers pour le compte des Luminarch, ils se sont ligués contre leurs anciens maîtres.
Ces deux bandes sont donc des antagonistes naturels et le prétexte à de nombreux scénarios narratifs.

Vous pouvez également juste prendre une bande à l’unité pour une cinquantaine d’euros. Une faction supplémentaire est disponible en plus :
- Les Iron Dominion: Issus d’anciens militaires, ils voient la catastrophe comme une opportunité de détruire l’ordre ancien pour établir une nouvelle ère de domination de Caldrion. Leur faction s’oppose à la noblesse ancienne des Luminarch et voit la révolte des machines comme une belle occasion de s’entraîner et détruire cet ennemi de l’intérieur.
Leur équipement, constitué d’armes dévastatrices (lance-flamme, hache de combat ou encore steamball), leur donne une identité visuelle forte, mais également des stratégies que vous ne retrouverez pas dans les deux autres factions.
Ce qui en fait un jeu très abordable. Les décors ne sont pas forcément spécifiques, même s’il y a une vraie plus-value à jouer sur une belle table.
La qualité des figurines de Steamfront
Les figurines sont imprimées en 3D en résine. Peintes ou non, je n’ai pas vu de traits caractéristiques de certaines impressions 3D. La peinture peut aussi être poussée : avec une dizaine de figurines par bande, vous pouvez, si vous souhaitez pousser les détails, prendre le temps de créer de magnifiques œuvres d’art. La finesse de la sculpture est un bon prétexte pour vouloir faire au mieux.
Vous souhaitez lire les règles et voir les profils de Steamfront ?
Dans l’onglet ressource du site :
Vous trouverez les règles de jeu, les profils, les scénarios, des éléments de décors 2D à imprimer et découper ou les fichier STL (3D) disponible gratuitement sur le site et les pions.
Décors et tables de jeu de Steamfront
Imaginez une ville en ruine, vestige d’un grand incendie. Ce cadre est l’occasion idéale de recycler vos éléments de décor existants ou de concevoir vos propres créations. Grâce à l’esthétique Steampunk assumée du jeu, vous pourrez facilement convertir des structures industrielles pour bâtir des tables de jeu uniques et thématiques. Des quartiers d’habitations de style Renaissance dévastés par les flammes, ou encore les vestiges d’anciennes églises, tantôt en ruines, tantôt partiellement reconstruites.
Des règles au service du jeu
Dans le livre de règles, les interactions avec le terrain sont codifiées pour rester simples et fluides. L’essentiel repose sur la communication : il suffit de vous mettre d’accord avec votre adversaire avant la partie sur la nature de chaque élément, qu’il s’agisse d’un mur, d’une barricade, d’un cratère ou d’un nuage de vapeur étouffant.

Steamfront est-il fait pour vous ?
En résumé, Steamfront est l’alternative idéale pour ceux qui cherchent l’intensité de l’escarmouche sans la lourdeur des règles complexes d’un Kill Team. Plus équilibré et direct que ses concurrents, il déplace le défi du livre de règles vers le champ de bataille : ici, c’est votre sens du timing et la gestion de vos ressources qui feront la différence.
Abordable, rapide et doté d’une forte rejouabilité, c’est un jeu qui respecte autant votre temps que votre budget. Que vous soyez un mordu de stratégie ou un passionné de modélisme prêt à convertir ses ruines industrielles, les ruines de Caldrion n’attendent plus que vous !
Mon avis: J’ai testé le jeu et j’ai aimé Steamfront !
Lors du Ludivers Paris 2026, j’ai testé Steamfront. J’ai eu la chance de me faire initier par Fred, l’un des deux auteurs du jeu. J’ai pu apprécier la profondeur tactique du titre. Plusieurs armes étaient disponibles : des arcs, des lance-flammes légers et lourds, des épées et des haches.
La partie d’initiation a mis en évidence la simplicité naturelle du jeu et sa prise en main naturelle. La partie, assez courte, permet de caler une revanche. Comptez 6 tours et entre 45 et 60 minutes de jeu.
Quel avenir pour Steamfront ?
Le jeu, qui s’appuie déjà sur ses trois premières factions, est en pleine expansion. Fred et Martial travaillent actuellement sur deux nouvelles factions pour enrichir un univers steampunk fantastique déjà très original.
Avec ces fondations, on imagine aisément des systèmes de campagnes où vos figurines gagneraient en expérience, grimpant les échelons de Régulier à Vétéran, jusqu’à devenir l’Élite, voire le Champion de votre bande. Selon les auteurs, cette dimension narrative devrait arriver très prochainement. Si l’univers est déjà prometteur, il nous reste encore beaucoup à découvrir. Le site web donne quelques pistes, mais nous attendons avec impatience l’arrivée de personnages nommés ou de figures héroïques pour incarner pleinement les enjeux de Caldrion.
Une version en anglais, devrait voir le jour d’ici la rentrée septembre 2026.
Une présentation en vidéo
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