La pile de la honte: quelques astuces pour s’en défaire

Vous en avez marre de ces grappes de figurines qui trainent chez vous ? Rien que la pensée de peindre vous fait soupirer ?

La pile de la honte est la dénomination utilisée par les peintres de figurines pour décrire l’ensemble des figurines non-peintes qu’ils possèdent. On parle de « pile » lorsqu’elles sont suffisamment nombreuses pour les entasser en un petit monticule. On parle de « honte » car la pile symbolise un échec, celui d’avoir les yeux plus gros que le ventre. Dans cet article, je vous propose quelques astuces pour vous en défaire.

Petit à petit, le monstre fait son nid…

Tel un monstre tapi dans un placard, la pile de la honte se nourrit de nos achats compulsifs. Semaine après semaine, elle grandit dans sa tanière à l’ombre des regards. On préfère la cacher des yeux de tous, mais surtout des nôtres. Elle nous rappelle un échec. Celui de nos accomplissements personnels, bien moindre que prévus…

Pourtant sur papier, le hobby avait l’air plaisant. Il ne s’agissait pas d’un métier rébarbatif mais bel et bien d’une passion qui nous a séduite. Mais alors pourquoi diable cette motivation de s’atteler au travail, pinceau en main, nous échappe-t-elle ?

Rongé par quelques remords, il nous arrive quelques fois d’ouvrir la porte de ce placard grinçant… Bien qu’elle soit plongée dans la pénombre, il est inutile de plisser les yeux pour la trouver. Sa taille imposante ne trompe personne. Elle fait froid dans le dos. À vue de nez, il faudra une centaines d’heures de sessions de peinture pour en venir à bout. Pour s’en débarrasser, on pourrait la revendre. On la scrute de bas en haut pour estimer ce qu’elle nous a coûté. Malheureusement depuis qu’elle séjourne dans notre demeure elle a perdu de sa valeur.

Alors, on grimace… On regrette de l’avoir hébergée. Elle n’était censée rester que quelques semaines, tout au plus ! Mais on a continué à la nourrir sans vraiment chercher à la faire maigrir. On essaie de se rappeler pourquoi… Ah, ça y est, ça nous revient. À l’époque, on avait de bonnes raisons de sortir le portefeuille:

  • « C’est une super promo »;
  • « Les figurines ne seront bientôt plus produites »;
  • « Pour être compétitif, il me faut plusieurs exemplaires »;
  • « La version française n’est plus disponible nul part ailleurs ».

Depuis le temps, ces arguments puérils résonnent dans notre tête avec une note de naïveté. L’excitation consumériste s’est évanouie et ne laisse plus que place au regret !

Du balais la pile de la honte !

Oui, mais comment ? Pour bien combattre une pile de la honte, il faut avant tout comprendre comment elle se forme dans votre habitation.

Sachant qu’une pile de la honte peut mathématiquement se définir comme:

pile de la honte = quantité de figurines détenues - quantité de figurines peintes

Il suffit simplement d’identifier quelle variable est problématique de votre côté. Certains d’entre nous ont une pile de la honte parce qu’ils achètent trop de figurines. D’autres parce qu’ils ne peignent pas assez. En mettant le doigt sur l’origine de la pile, vous saurez quelle variable doit être soignée.

Alors, qu’en est-il ? Acheter moins ou peindre plus ?

Acquérir moins de figurines: quelques astuces

Avez-vous tendance à dégainer votre carte de crédit plus vite que Han Solo son blaster ? Pas de panique, il existe des solutions !

Acheter sans déballer

Cette solution consiste à conserver vos achats intacts, c’est-à-dire de laisser vos boîtes de figurines scellées. Une pile de la honte n’existerait pas si toutes vos figurines étaient peintes avant d’en acheter d’autres. Cela signifie que si vous avez une pile de la honte, c’est que vous touchez à peine aux figurines nouvellement achetées. Du coup, pourquoi prendre la peine de les déballer dans un premier temps ?

Si vous ne déballez pas vos achats, leur valeur sera pratiquement intacte. Et c’est un point intéressant pour la revente (à bon prix) qui suivra après avoir réalisé que vous n’aviez pas besoin de ces figurines en fin de compte.

En résumé, l’astuce consiste à acheter, puis à laisser vos acquisitions de côté pendant un certain temps. Cette pause vous permettra de mieux cerner vos envies réelles et de décider ensuite du sort de vos figurines : les revendre ou enfin les déballer. L’avantage de cette technique, c’est qu’elle vous permet de ne pas passer à côté de bonnes promos mais de récupérer une bonne partie de votre investissement si vous regrettez vos achats ultérieurement.

Tester avant d’acheter

Vous est-il déjà arrivé de regretter l’acquisition de figurines ? Vous aviez des attentes de performance à leur égard, mais sur le champ de bataille, elles font l’effet d’un pétard mouillé… Ah si seulement vous aviez pu les essayer avant de les acheter ! Oui c’est con, d’autant plus que c’est extrêmement facile à mettre en place.

La majorité des éditeurs actuels publient gratuitement les règles et les profils des unités en ligne, que ce soit dans des builders de listes d’armées ou via des actualités traitant des dernières sorties. Il ne vous reste plus qu’à utiliser quelques figurines proxy et voilà votre nouvelle unité prête pour les essais.

La preuve vivante que Tabletop Simulator, c’est merveilleux pour tester des compositions (ici pour A Song of Ice & Fire)

Une autre solution est d’essayer l’unité dans un environnement virtuel tel que Tabletop Simulator ou Vassal. C’est d’ailleurs le moyen le plus efficace pour tester de nombreuses listes rapidement et gratuitement (enfin, hormis l’achat préalable de TTS oscillant entre 9 et 19€ selon les promos).

Acheter des figurines en plus petit nombre

En achetant de figurines en plus petit nombre, vous ralentissez la croissance de votre pile de la honte. De plus, les sessions de peinture sont alors moins nombreuses. C’est évident: deux héros de Marvel Crisis Protocol seront plus rapides à peindre qu’une unité de 12 soldats Barathéon pour le jeu A Song of Ice and Fire.

Cette technique sous-entend qu’il est mieux de se diriger vers des jeux d’escarmouche plutôt que des wargames (même périodiquement)…et ce n’est pas plus mal dans le fond. Le stockage et le transport de vos miniatures seront d’autant plus faciles !

Recyclage, conversions ou figurines proxys: des alternatives malines

À force de collectionner des figurines, vous finissez par en posséder plus qu’assez pour jouer. Peut-être même trop. Faites le calcul : avec combien de figurines jouez-vous lors d’une partie, et combien restent sur le banc de touche ? Parmi ces réservistes, il y en a sans doute quelques-unes qui pourraient incarner cette nouvelle unité que vous convoitez ? Utilisez des proxys, économisez de l’argent, et réduisez votre pile. Trio gagnant !

Pour Star Wars: Légion, ce soldat me sert soit de Commandant Rebelle soit de membre d’une unité d’Arpenteurs. Dans le fond, il pourrait même servir de commando. Multi-usage, le type.

Si visuellement, certaines de vos figurines ne conviennent pas vraiment, pensez à créer des conversions. De la sorte, vous recyclerez peut-être des figurines qui n’ont plus vu la lumière du jour depuis des années. Un geste à la fois écologique et économique, qui vous procurera la satisfaction d’avoir fait preuve de créativité en concevant une figurine sur mesure.

« Jeûner » tant qu’on a pas atteint un objectif

Vous aimez les défis ? Alors fixez vous des objectifs d’accomplissement. Par exemple « Tant que cette escouade n’a pas entièrement été peinte, je ne m’autorise plus d’achat de figurines« .

Personnellement, c’est la bonne résolution que j’ai prise en 2025. À l’heure où j’écris ces lignes, nous sommes le 20 mars et je n’ai pas cédé à la tentation. Mieux, j’ai enchaîné les objectifs en mettant la barre de plus en plus haut. Dès que j’atteignais un objectif de peinture, j’en fixais un autre dans la foulée.

Peindre plus de figurines: quelques astuces

La motivation pour peindre vous échappe ? Bonne nouvelle, il existe des astuces pour rendre la peinture plus agréable et stimulante.

Peindre ensemble : un boost de motivation

Il est fort à parier que votre atelier de peinture se trouve dans une pièce isolée de votre habitation. Vous vous retrouvez alors régulièrement seul dans votre pièce face à vos pots de peinture… et c’est le silence complet.

Certains d’entre nous préfèrent avoir de la compagnie pour peindre. Parfois il suffit juste d’un autre être vivant à nos côté (un animal de compagnie) ou un membre de sa famille avec qui discuter pendant l’activité. La session semble alors plus vivante. Avec votre attention portée sur la conversation, vos mains seront en train de peindre en mode « pilotage automatique ».

Les fameuses « stations de peinture » sont d’excellents outils tout-en-un pour transporter facilement votre atelier dans une pièce de vie.

Si vous ne parvenez pas à rendre votre atelier vivant, pensez à le déplacer dans une pièce de vie (comme le salon) afin de ne pas vous exclure de la vie de votre foyer.

Pour les personnes habitant seules, il existe des alternatives:

  • soit organiser des sessions de peinture avec d’autres membres de votre groupe Discord. Vous vous connectez dans une salle audio et vous discutez tous ensemble pendant que vous peignez. Le gros avantage évidemment c’est que vous pouvez échanger des techniques entre passionnés et vous faire des amis dans la foulée.
  • soit écouter des podcasts ou de la musique pendant votre session de peinture.
  • soit aller peindre dans des magasins de figurines. À une époque, les enseignes GW organisaient des sessions de peinture (mais j’ignore si c’est encore d’actualité)

Le défi des 30 minutes quotidiennes

Si vous éprouvez une faible motivation à l’idée de peindre, je vous conseille le défi suivant: s’asseoir à votre table de peinture chaque jour et peindre pendant exactement 30 minutes. Ni plus, ni moins. Il est essentiel de respecter ce temps, car l’objectif est de conditionner votre cerveau. Parfois, cette demi-heure vous semblera interminable, d’autres fois, elle passera en un clin d’œil. L’important, c’est de s’y tenir quotidiennement. Au bout de quelques jours, cette séance ne sera plus une corvée et pourra après quelques semaines devenir un réel plaisir au point de l’attendre avec impatience !

Malheureusement, ce défi est difficilement réalisable pour les jeunes parents. Si vous êtes dans ce cas, mieux vaut ne pas vous imposer cette contrainte, sous peine de vous heurter à une mission impossible et cela génèrera de la frustration. Déjà, réussir à peindre une heure dans le mois, c’est un exploit…

Utiliser des techniques simples

Depuis quelques années, une nouvelle gamme de peinture a fait son apparition pour peindre en un rien de temps. C’est la gamme Contraste chez Citadel, Speedpaint chez Army Painter ou encore Instant Color de chez Scale 75. Elles vous demandent de sous-coucher vos figurines en blanc et d’appliquer une seule couche pour obtenir les ombrages et éclaircissements.

Parfois, le manque de motivation vient du fait qu’on se fixe des objectifs trop compliqués à atteindre. Au lieu de peindre avec des couleurs métalliques, on s’essaye à des techniques NMM. Mais est-ce vraiment nécessaire de se donner tout se mal quand la motivation vous fait déjà défaut ? Il faut peser le pour et le contre et estimer si consacrer tant de temps à cette activité est vraiment bénéfique pour vous.

En résumé

Aaah une boîte de figurines entièrement peinte (Greyjoy Heroes Box 2). Quel bonheur ! :3

Il existe plusieurs façons de réduire sa pile de la honte (autres que la jeter à la poubelle !). La meilleure approche dépend de ce qui l’a créée : des achats trop nombreux ou un rythme de peinture trop lent. Quoi qu’il en soit, voir cette pile diminuer procure une vraie satisfaction et un sentiment d’accomplissement, de quoi booster votre moral. Aller, je termine avec une citation:

Change. Mais commence doucement, car la direction est plus importante que la vitesse — Paolo Coelho